La mare de Brissac
Un havre de paix pour la biodiversité
La mare de Brissac est une mare méditérannéenne créée pour servir de réservoir à la biodiversité locale, notamment les amphibiens qui subissent aujourd’hui une baisse drastique de leurs populations.
Une mare, malgré sa petite taille, est un réservoir de biodiversité : elle accueille des espèces floristiques et faunistiques souvent rares ailleurs, comme des plantes aquatiques, des amphibiens, des invertébrés aquatiques, certaines espèces d’oiseaux ou bien encore les odonates (ordre d’insectes constitué des demoiselles et des libellules).
Les mares méditerranéennes sont souvent des mares temporaires, c’est à dire qu’elles sont susceptibles de s’assécher en été. Dans le Gard et l’Hérault, elles font partie du patrimoine naturel régional.
Elles rendent plusieurs services :
- service écologique : lieu de vie, de reproduction, d’alimentation pour de nombreuses espèces ;
- service économique : épuration des eaux, stockage des eaux de ruissellement, régulation des crues, abreuvoir ;
- service pédagogique : support de sensibilisation.
La mare de Brissac au fil du temps
Cet aménagement est une des finalités du projet lauréat du Budget participatif de l’Hérault #2 édition intitulé « Havre de paix pour la loutre et la biodiversité ». Il est réalisé grâce à l’engagement de citoyennes élues des communes de Saint Bauzille de Putois (Mary Robillart, adjointe à l’environnement et Isabelle Lellouche, à l’origine du projet) et de Brissac (Nathalie Rabou, 2e adjointe), de la LPO Occitanie (Délégation Territoriale de l’Hérault, de l’équipe pédagogique et des étudiants inscrits à la formation BSTA GPN de l’établissement Pôle Sup Nature.
L’ensemble des actions menées, dont la création et le suivi de la mare de Brissac, reflète un véritable travail collectif en faveur de la préservation de la biodiversité.
2023 : la création
La création de la mare fait partie intégrante d’un projet mené par les étudiants de plusieurs promotions de BTSA GPN. Le choix de la parcelle a été décidé avec la commune de Brissac.


Afin d’assurer un approvisionnement en eau suffisant et en tenant compte de la faible pluviométrie de la région, il a été décidé d’utiliser la rigole parcourant la parcelle et de créer un canal d’alimentation pour la nouvelle mare.


Afin d’éviter la perforation de la bâche, celle-ci a ensuite été recouverte de la terre prélevée auparavant.


2025 : les aménagement écologiques
L’objectif de la création de la mare était de constituer un réservoir de biodiversité. Des aménagements ont donc été construits.

Les pierriers pourront servir de gîtes pour les amphibiens et les reptiles. En effet, ces espèces nécessitent de réguler leur température interne, en s’exposant au soleil. L’hiver, elles ont besoin d’abris pour se protéger du froid et hiverner. Le lézard ocellé (Timon lepidus, plus grand lézard d’Europe), ainsi que la couleuvre d’esculape (Zamenis longissimus) sont connus sur le secteur.

Les haies sèches ont été construites à partir des végétaux débroussaillés en janvier 2025. Ces gîtes serviront pour les petits mammifères (lérot, hérisson…), les insectes et les oiseaux. Des abris à chauve-souris ont été fixés en hauteur sur des arbres bordant le chemin.
Enfin, de petits barrages ont été créés le long de la ravine afin de limiter l’accumulation de sédiments dans la mare et donc de retarder au maximum sa fermeture.
Aujourd’hui
La mare est une infrastructure récente puisqu’elle n’a été créée qu’en novembre 2023. Malgré une structure favorable, avec des berges inclinées à moins de 30°, éloignée des surfaces traitées ou cultivées, et non envahie par des espèces exotiques, son habitabilité reste primaire en raison de son jeune âge. Son état écologique est actuellement moyen, mais elle devrait progressivement évoluer vers un état favorable. Outre son utilité en tant que point d’abreuvement pour de nombreuses espèces d’avifaune et de mammifères, cette mare est également un habitat favorable pour les amphibiens (Triton palmé, Triton marbré, Crapaud épineux, Pélodyte ponctué…) et les reptiles (Couleuvre vipérine et Couleuvre helvétique).
2026 : l’évolution
À la suite des aménagements réalisés, la venue de différentes espèces végétales liées aux mares, ainsi que des espèces animales de reptiles, amphibiens, insectes… est attendue.
Il serait alors intéressant de connaître l’évolution de ces populations pour évaluer l’efficacité des actions réalisées. Différentes méthodes d’inventaires pourront donc être réalisées :
- inventaire des populations d’amphibiens par prospections de nuit ;
- inventaire des reptiles, par pose de plaques de thermorégulation ou observation directe ;
- pose de caméras nocturnes.
La parcelle de la mare a fait l’objet d’un débroussaillage réalisé en janvier 2025 par les étudiants de Pôle Sup Nature. L’objectif était de favoriser les espèces végétales favorables au pâturage et de contrôler la repousse de certaines espèces comme le genévrier ou le genêt scorpion afin de maintenir le milieu ouvert.