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B8 Contribuer au dialogue territorial

Catégorie d'enseignement : spécifique au domaine professionnel « Gestion et Protection de la Nature » du BTSA.

Le concept de territoire ne se limite pas à une zone géographique bornée de façon arbitraire. L’appropriation de l’espace est au cœur de la représentation que les individus conçoivent d’un territoire. Cette appropriation elle-même est multiple : simple découpage administratif, espace délimité par des frontières étatiques (la nation et sa souveraineté, l’État et son autorité politique) ou économiques (zone de libre échange ou soumises aux restrictions douanières), espace socialisé marqué par des pratiques culturelles, des aménagements et une occupation du lieu, ou bien aire écologique marquée par la présence de populations végétales ou animales, d’un écosystème, etc..

Ce bloc de compétences appréhende ces différentes réalités du territoire pour amener l’étudiant à identifier, au cours d’un diagnostic territorial, les multiples acteurs qui l’occupent et le gèrent, à cerner les enjeux de cette appropriation, à négocier la phase de concertation territoriale et être en capacité de mettre en œuvre un plan de communication dans une situation où les parties prenantes peuvent se trouver en conflit.

Capacités

  • C8.1 Réaliser un diagnostic territorial

    Le diagnostic territorial consiste en une analyse des différents acteurs du territoire (services de l’État, collectivités, propriétaires, gestionnaires, usagers…) situés dans l’espace et le temps, la prise en compte de la dimension écologique et paysagère, mais aussi socio-économique avec l’identification des ressources (agronomiques, hydrauliques ou forestières) en jeu, des usages, occupations et représentations.

    Cette analyse permet d’aborder la prospective territoriale qui consiste à construire des scénarios sur les évolutions du territoire, lesquelles peuvent être le fruit d’actions concertées, de projets d’aménagements, ou résulter de contraintes externes comme le changement climatique (par exemple : la montée des eaux sur le littoral).

    Ces scénarios sont des hypothèses ancrées dans un espace et une temporalité : leur finalité est de créer une dynamique de coconstruction du futur qui tient compte des besoins, des contraintes, des ressources et d’alimenter le dialogue entre les acteurs impliqués.

  • C8.2 Participer à un processus de concertation

    L’élaboration des scénarios de prospective territoriale implique des changements qui peuvent être sources de tensions entre les différents acteurs et usagers du territoire. Les dynamiques de gestion territoriale ont des répercussions sur les représentations de l’espace, les modes d’occupation, l’appropriation culturelle, économique, sociale et affective, la cohabitation des humains avec les espèces animales ou végétales.

    Ces représentations sont autant de point de vue qu’il faut identifier et prendre en compte dans le processus de concertation. Les positions antagonistes doivent être recueillies et objectivées afin d’animer le débat autour des besoins clairement formulés par les parties prenantes, faire émerger des points de convergence, maintenir un dialogue actif, proposer une médiation lorsqu’il ne permet pas l’émergence de solutions et formuler des choix argumentés qui tiennent compte de toutes les parties.

  • C8.3 Communiquer sur un projet sensible en situation de conflit

    La diversité des représentations et des modes d’appropriation du territoire, conjuguée aux nécessités de la prospective territoriale, au dialogue instauré par le processus de concertation entre les parties prenantes est susceptible de générer des situations conflictuelles.

    Un plan d’action de communication adapté à ces situations est nécessaire pour favoriser le dialogue et permettre la conduite d’un projet « sensible » au sein d’un territoire. L’étudiant, qui adopte une posture professionnelle marquée par la neutralité, apprend ici à délivrer un message clair en s’appuyant sur des faits objectifs consolidés par des preuves scientifiques et en ayant recours au cadre réglementaire.

    Il met en relation les acteurs, régule les échanges, organise des campagnes d’informations et planifie une stratégie de médiation. Les temps d’échanges sont animés de façon à permettre à chacune des parties prenantes d’exposer leur position et de développer leurs arguments dans un cadre apaisé.

    La structure porteuse du projet est tenue informée de l’évolution du processus de médiation.

Matières mobilisées

Épreuve E8 – Concertation territoriale

L’épreuve terminale consiste en une présentation orale de 40 minutes : 10 minutes d’exposé et 30 minutes d’entretien.

Muni d’un dossier de 10 pages (composé d’un résumé et de 3 fiches, à raison d’une fiche de 2 pages par capacité), l’étudiant s’appuie sur des expériences vécues ou observées en stage ou en projet tutoré et présente une situation de concertation territoriale autour de la conduite d’un projet de gestion. Si l’étudiant n’a pas rencontré de situation de tension ou de conflit, il peut recourir dans son exposé à des situations réelles connues.

Dernière mise à jour le 19 décembre 2025.

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